L’apparition de saint Joseph

L’APPARITION DE SAINT JOSEPH

À Cotignac, le 20 février 1660, Louis XIV était venu remercier Notre Dame pour le don de la vie. Poursuivant son royal voyage, il arrivait, au début de juin, à Saint-Jean-de-Luz, pour y recevoir son épouse et c’est ce jour-là même que saint Joseph apparaissait au Bessillon. Citons ici l’historien Honoré Bouche : Nous dirons qu’en ce jour, septième juin, auquel la reine Marie-Thérèse d’Espagne prenait congé du roi, son père, et sortait de l’île de la Conférence pour entrer dans la France, en ce même jour, fut trouvée, au territoire de Cotignac, à demi-lieue de la chapelle Notre-Dame de Grâces, en Provence, cette si célèbre fontaine de saint Joseph, par un jeune homme simple, nommé Gaspard, travaillant à la campagne, natif et habitant du même lieu de Cotignac, qui dit qu’étant extrêmement altéré de soif, désirant de l’eau pour se rafraîchir, un bon vieillard s’apparut à lui, et après lui avoir indiqué un endroit où il en trouverait s’il ôtait un rocher de sa place, l’ayant trouvée, ce vieillard disparut, ayant auparavant appris qu’il avait nom Joseph.

Dès le 9 août, les habitants de Cotignac commencèrent à construire une chapelle sur le lieu de l’apparition.

Se rendent à la fontaine de tous les endroits de la province et des pays environnants, des infirmes, des malades de toutes sortes, dont la plupart s’en retournent guéris, ou bien consolés de leurs infirmités.

En février 1638, c’était le célèbre vœu de Louis XIII par lequel le roi consacrait sa personne, son trône et la France à la Vierge Marie. À dater du 19 mars 1661, la fête de saint Joseph devenait, par décret de Louis XIV, jour chômé dans tout le royaume. Cf. le célèbre panégyrique de Bossuet.

Cotignac a encore un autre privilège, celui d’être, en France, le berceau de l’Oratoire, fondé à Rome au XVIe siècle par Philippe Néri. Le premier groupe d’Oratoriens français se créa pour assurer le service des pèlerins à Notre-Dame de Grâces et se rattacha par la suite à l’Oratoire du Cardinal de Bérulle en 1613.

Lorsqu’en 1663, la chapelle de saint Joseph du Bessillon fut inaugurée, ce fut aux Pères Oratoriens que l’évêque de Fréjus la confia. Ceux-ci construisirent un couvent auprès de la Source. Ils y menaient une vie de prière et de profonde retraite, on les appelait : les solitaires. Cependant, ils accueillaient les pèlerins, leur enseignaient la doctrine catholique et offraient, pour quelques jours, l’hospitalité à ceux qui désiraient, loin des bruits du monde, vivre plus près de Dieu et profiter de leurs conseils.

Aujourd’hui, à Cotignac, se vérifie la vérité des paroles de l’évêque de Fréjus, prononcées le 31 janvier 1661 : Dieu, par les grâces qu’il voulait accorder en l’honneur de Saint Joseph, voulait ne point séparer dans la dévotion des fidèles, les deux saintes personnes (Marie et Joseph) qu’il avait jointes sur la terre, pour le Mystère de notre salut…

Depuis quelques années, les époux et les familles chrétiennes viennent de plus en plus nombreux se confier à ce couple exemplaire : les parents de Jésus de Nazareth.

Les lieux de Notre-Dame de Grâces et de la Fontaine Saint-Joseph du Bessillon ont retrouvé leur vocation première. À la suite des Oblats de Marie Immaculée, les pères de la Communauté Saint-Jean assurent, depuis 1981, à Notre-Dame de Grâces, le service des grands pèlerinages, tandis que le Sanctuaire de Saint-Joseph, quoique de nouveau visité par des pèlerins, a cependant retrouvé son caractère de lieu de retraite et de solitude lorsque les Bénédictines s’y installèrent en 1975.

Les Oratoriens, en effet, avaient dû partir à la Révolution et les bâtiments, inoccupés depuis lors, tombèrent en ruines. Seule restée debout, la chapelle n’était plus ouverte que pour le pèlerinage du 19 mars.

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